Connexion  \/ 


  • SEMAINE DE PREVENTION DES TCA

    Une série de vidéos pour mieux comprendre les troubles alimentaires

  • N'AYEZ PAS PEUR, À LA CLINIQUE ST-AMOUR

    Faire le «premier pas»... c'est un jeu d'enfant !

Twitter icon

Nos Tweets @cliniquestamour

Loading..

Blog - Clinique St-Amour

  • Accueil
    Accueil C'est ici que vous pouvez trouver tous les articles posté sur le site.
  • Catégories
    Catégories Affiche la liste des catégories de ce blog.
  • Mots clés
    Mots clés Affichez une liste de tags qui ont été utilisés dans ce blog
  • Archives
    Archives Contient une liste d'articles du blog qui ont été créés précédemment.
  • Connexion
    Identification Formulaire d'identification

Et si l'obésité était le symptôme d'un problème beaucoup plus complexe?

Posté par le dans HYPERPHAGIE
  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 6968
  • 0 commentaires
  • Notifications
hyperphagie-femme-obesiteMars est le mois de la nutrition. Beaucoup d'articles porteront sur l'importance de la saine alimentation, sur la nécessité pour plusieurs de bouger davantage et sur l'importance de réduire la malbouffe voir l'interdire afin de prévenir l'obésité.

Qui ne sait pas dans notre société que la malbouffe est riche en gras et en calories? De très jeunes enfants vous le diront. Et si l'obésité était le symptôme de quelque chose de beaucoup plus complexe et beaucoup moins simpliste que la simple équation d'apport et de dépense énergétique?

Depuis vingt ans, je côtoie quotidiennement les plus obsédés de notre société: les personnes aux prises avec un trouble alimentaire. L'importance que ces personnes accordent à leur poids et à leur apparence physique prend toute la place et détermine entièrement leur estime personnelle. Dans l'accompagnement que j'ai eu avec chacune d'entre elles, plusieurs avaient été obèses dans l'enfance, certaines le sont devenues par leurs comportements et d'autres ont influencé un proche en raison de leur obsession et de leur hantise de l'obésité. Combien d'hommes et de femmes m'ont confié qu'ils avaient choisi volontairement de se restreindre par besoin d'obtenir un meilleur pouvoir de séduction. La nourriture n'est que le symptôme.

L'hyperphagie boulimique ce trouble alimentaire si répandu et si méconnu des professionnels de la santé apparait enfin comme entité clinique distincte dans le DSM-5. L'hyperphagie boulimique c'est quoi? C'est le trouble alimentaire le plus fréquent autant chez les hommes que chez les femmes, mais qui rencontre le plus de préjugés. Parce que l’hyperphagie, c’est perdre le contrôle face à la nourriture. Vous vous reconnaissez?

Qu’est-ce que cette clientèle reçoit la plupart du temps comme conseil pour s’en sortir? Mange moins, mange mieux et bouge plus… Et si c'était si simple, l'obésité dans notre société ne serait pas ce qu'elle est actuellement. L'hyperphagie boulimique se rencontre parmi les gens dans notre société qui ont l'impression de ne pas comprendre pourquoi ils désirent tant être plus minces, mais qui agissent dans le sens contraire de ce qu'ils souhaitent vraiment. Ce sont les plus sévères d'entre nous qui au moindre écart ont l'impression d'avoir échoué et qui se disent que tant qu'à échouer vaut mieux le faire complètement. Ce sont tous ceux qui ont développé depuis le très jeune âge une honte de leur corps et une relation très malsaine avec la nourriture. Ceux qui avec les années ont eux besoin de réconfort par la nourriture. Ce sont ceux qui se cachent pour manger parce qu'ils ont honte de leur comportement sans savoir à qui en parler. Ils sont parmi ceux qui pour la énième fois se sont dit «à soir, c'est la dernière fois.... demain je reprends mes bonnes habitudes ou ma diète».

mirroir-femme-hyperphagie-obesiteUne partie importante des gens dans notre société qui souffrent d'hyperphagie sont obèses. Elles ne savent pas par contre que c'est le symptôme plutôt que la cause de leur problème. Et si l'obésité qu’on souhaite tant prévenir, guérir ou enrayer était le résultat direct des croyances générées par l'obsession depuis tant d'années de notre société face au poids? Selon le Canadian Obesity Network un adulte canadien sur quatre et un enfant sur 10 sont cliniquement obèses. Mais aussi dès l'âge de 9 ans, 35% des fillettes ont déjà tenté de maigrir. 70% des adolescentes font des efforts répétés pour perdre du poids. Près d'un tiers des garçons de 13 à 16 ans souhaiterait avoir une silhouette plus imposante. Selon une étude de la firme SOM, réalisée en 2012 pour le compte de l'organisme sans but lucratif Équilibre, une femme sur deux souhaite que son corps change dans les prochaines années comparativement à 44 % chez les hommes. Cette obsession ne touche plus juste ma clientèle.

En ce mois de la nutrition, je souhaite aux décideurs, aux professionnels de la santé et aux chercheurs que notre désir collectif de prévenir l'obésité ne fasse pas en sorte de perpétuer cette obsession du poids, de la minceur et cette culpabilité de manger. La relation avec la nourriture causant l'obésité est beaucoup plus complexe que des connaissances en nutrition, des interdictions et des règles à appliquer ou même une chirurgie.

Je souhaite que chacun dans notre société puisse vivre en santé indépendamment de son poids. C’est d’abord en se questionnant sur notre propre relation avec notre corps, notre obsession de la minceur et des restrictions alimentaires que j’ai la sincère conviction que se trouve un début de solution. Être bien sur le plan de sa santé physique et mentale, après tout, n'est-ce pas cela que nous visons tous!

Bon mois de la nutrition, sans obsession.

Nathalie St-Amour



Source

Ledoux, M., Mongeau, L., & Rivard, M. (2002) Poids et image corporelle. Dans : Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois 1999, institut de la statistique de Québec, Chapitre 14, 311-344.

http://www.obesitynetwork.ca/obesity-in-canada

Poids, image corporelle et habitudes de vie : les différences entre les hommes et les femmes. Étude réalisée par SOM pour le compte d’ÉquiLibre octobre 2012.

Notez cet article:
6

Commentaires

  • Pas encore de commentaire. Soyez le premier à commenter

Commenter cet article

Invité
Invité vendredi, 17 novembre 2017