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Blog - Clinique St-Amour

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Ce que je voudrais apporter comme message à toutes les femmes... par Joëlle

Posté par le dans MESSAGES D'ESPOIR: Semaine des TCA 2014
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nathalie-et-joelle-anorexie-boulimieJe me nomme Joëlle Vaillancourt. Mes 24 années sur terre m’ont appris à la dure que mon corps n’était pas celui désiré par une société qui diabolise la forme féminine. J’ai commencé mon pèlerinage à la recherche du Saint Graal de la beauté à l’âge de 12 ans, après avoir vécu une enfance dans l’intimidation. Mes 5’10 et ma taille 16 me rappelaient à chaque instant que j’étais différente des standards de beauté usuelle par mes formes généreuses. Depuis le plus loin dont je me souvienne, j’ai souhaité maigrir et me débarrasser de ce corps qui me dégoutait pour un qui pouvait entrer parfaitement dans une taille inférieure. Et tant qu’à y être, je voulais aussi une belle poitrine, une taille pas trop mince, mais pas trop grosse, des bras joliment musclés, et aussi des jambes élancées. Crinquée à bloc par les merveilleuses phrases que notre société nous martèle: «no pain no gain», «mange moins, bouge plus», «faut souffrir pour être belle», j’ai alors commencé à trouver des bonnes raisons pour me haïr.

Et tant qu’à se haïr, pourquoi ne pas ajouter du piquant dans sa vie et commencer à dégouliner d’ennui mortel sur une machine à pédale 8 fois par semaine. Ah, pis aussi, pourquoi ne pas devenir hystérique envers soi-même et guetter son alimentation en s’imposant un régime de crudités coupées en rondelle. Non, moi, je suis peut-être grosse, mais je ne suis pas lâche: tant qu’à détester mon corps, je veux aussi faire l’effort supplémentaire de détester toutes les sphères de ma vie au complet.

C’est dans un sempiternel cercle de régime à base de potions magiques (qui permettent aussi de briller dans le noir, à ce qu’on dit), que j’ai initié mon entrée dans la recherche de l’image que je me faisais de la beauté. Et, curieusement, plus je maigrissais, plus je me trouvais des défauts, plus les lunettes que je portais pour m’analyser allaient dans la précision, le millimètre, le nanomètre, au grain de beauté près. Le bonheur de ma vie entière ne reposait que d’une chose: le chiffre qui allait apparaitre le matin, le midi, le soir, et avant de dormir, sur la balance qui surchauffait dans la salle de bain. Les mots d’ordre: contrôle, discipline, résultats, hakuna matata.

Un jour, j’ai été obligée d’en venir à l’évidence: j’étais malheureuse, en mal de moi. J’ai consulté un spécialiste de la santé. Le pire diagnostic de ma vie m’est alors tombé dessus comme une roche qui pesait aussi lourd que tous les kilos que j’avais perdus jusque-là : surmenage et trouble alimentaire non-spécifique. En tant que femme de tête, forte et talentueuse, tu NE PEUX PAS échouer de la sorte, et surtout, tu NE PEUX PAS perdre la face devant tous ces gens qui applaudissent tes résultats. Mon corps était fait pour être beau, pas pour être écouté.

Santé l’obligeait, j’ai entamé une thérapie à la Clinique St-Amour pour un diagnostique que j’osais à peine croire. Durant presque l’année qu’a duré cette reconstruction personnelle, non sans embuche, j’ai réappris à me connaitre, guéri mes démons les plus profonds. L’erreur que j’ai commise durant ces 23,5 années à détester mon corps a été de croire que l’amaigrissement allait m’apporter la paix avec moi-même, me guérir du mal de moi dont je souffrais.

En juillet 2013, presque au terme de ma thérapie, une amie me convainc de participer au calendrier 2014 Ronde et Jolie. Mettant en valeur 13 Saguenéennes aux courbes généreuses, ce projet vise à sensibiliser la population à l’importance d’accepter leur corps, peu importe leur poids. J’ai accepté d’y jouer le rôle de mannequin et fait actuellement la page du mois de janvier.

Cette sortie du placard a chamboulé ma vie. En septembre, j’ai décidé de mon propre gré de m’inscrite à un concours nord-américain de mannequins de taille forte organisé par la chaîne de vêtements Addition Elle. L’événement a regroupé 4500 candidates. Je me suis classée seule Québécoise parmi les 20 en demi-finale.

Ce que je voudrais apporter comme message à toutes les femmes (et aussi les hommes), c’est que l’acceptation de soi ne doit PAS passer par la perte de poids. Faire la paix avec soi-même est un cheminement qui est très différent, car il s’agit de se respecter en tant qu’être humain. J’ai cru pendant trop longtemps que l’amincissement m’amènerait le bonheur ultime, la paix avec tous mes problèmes, mais quand, curieusement, il les faisait encore plus ressortir. Même si aujourd’hui j’ai tout repris le poids que j’ai perdu durant mes années à vivre dans ma tour d’ivoire, je me sens plus légère que jamais. J’ai pris conscience de qui j’étais, de l’effet que je créais sur les gens, mais j’ai aussi appris à accepter ce que je pouvais changer, nonobstant mon poids.

À force de vouloir ressembler aux standards de beauté imposés par la société, on vient à traiter notre corps comme s’il était une machine sous nos ordres, plutôt qu’un humain à qui nous sommes aux ordres de. Et être humain, ça vient avec un lot de sentiments, forces, faiblesses, caractéristiques qui se doivent d’être respectés.

Aujourd’hui, je suis fière de dire que je me sens libre. Aujourd’hui, je suis fière de dire que je suis belle, inspirante, charmante et intelligente. Aujourd’hui, il n’y a pas de jours où je triche, il n’y a pas de jours où je mange de la bonne ou de la mauvaise nourriture, de jours où j’agis bien et d’autres pas. Aujourd’hui, j’ai lâché prise.

Joëlle

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Fondée en 1994 par Madame Nathalie St-Amour et Monsieur Christian Desjardins, la Clinique St-Amour est un centre spécialisé dans le traitement des troubles de l'alimentation tels que l'anorexie nerveuse, la boulimie, l'hyperphagie boulimique et tous les autres troubles de l'alimentation non spécifiques.  Nous accueillons des personnes provenant de toutes les régions.  Nous offrons des soins spécialisés avec la possibilité de suivre un traitement en thérapie externe ou d'effectuer un séjour de thérapie avec hébergement.

Commentaires

  • Invité
    jm mardi, 22 juillet 2014

    ca ressemble plus a de l'abandon. c'est pas comme ca quon guérit de l'ano.

  • Christian Desjardins
    Christian Desjardins mardi, 22 juillet 2014

    Bonjour jm. Je ne comprends pas vraiment votre commentaire par rapport à l'abandon, et je ne crois pas qu'on parle ici d'anorexie?

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Invité
Invité vendredi, 22 septembre 2017